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D’Oran à Rio

vendredi 15 février 2019

Lundi 11 février, à 13h, au CDI du collège Pasteur, les élèves de la 4e4 ont réalisé une performance poétique : pendant vingt minutes, devant un public composé de camarades, de professeurs et de l’équipe administrative, ils ont mis en voix, les uns après les autres, des poèmes qu’ils avaient eux-mêmes écrits.

C’est dans le cadre du cours de Français de M. Rodriguez que ce projet a vu le jour : après avoir étudié un poème de Marc Alexandre Oho Bambe, déclaration d’amour adressée à la ville de Port-au-Prince, les élèves ont été invités à écrire à leur tour un poème d’amour, sur la ville de leur choix. En constatant la qualité d’écriture de nombreux poèmes, M. Rodriguez a proposé aux élèves de les faire entendre, afin que le mots jaillissent de la page pour prendre pleinement vie, à travers une expérience collective de prise de parole et d’écoute.
Les élèves ont réalisé une affiche, ainsi que des flyers. M. Rodriguez, la documentaliste du collège Mme Rocher et leur collègue de Français Mme Sida, ont préparé cet événement et accompagné les élèves dans leur travail d’oralisation. Ces derniers ont également pu bénéficier de l’intervention de slameurs du Cercle des poètes à la rue.

Article du JSL

Extraits des poèmes des élèves :

« Je t’ai parlé, Oran
Mais tu ne m’as jamais répondu
Personne ne sait le mal du pays
Mes yeux voilés de larmes
Dès que mon regard
S’égare quelque part
Comme la fumée d’un cigare
Le chant des guitares
À Saint Eugène
J’oublie mes soucis
Et mes peines
Pour aller me réchauffer
Sous les rues enchantées du Hemri
J’ouvre mes yeux et je suis heureuse
Je me rappelle quelques souvenirs
Qui m’ont beaucoup fait souffrir
Mais la plupart m’ont fait sourire
Oran, tu es toute ma vie
Je t’ai beaucoup vue
Mais tu ne m’as toujours pas répondu
Oran, je t’écris encore
Et j’attends ta réponse... »

*

« Marquise des masques, refuge des amants,
Venise est un instant, une reine d’antan
Étendant ses longs bras parsemés de gondoles
Qui attrapent mon cœur ; doux et délicieux vol.

hors du temps

J’erre dans le dédale des ruelles sombres.
Égaré par l’amour, je suis changé en ombre ;
Car de mes sentiments je ne suis plus le maître
Depuis que pour ses yeux, j’ai plongé en mon être.
J’ai laissé le feu naître,
Ouvert une fenêtre
Sur Venise. »

*

« Le grand port et les marchés :
Ceci me fait penser
À toi, ma destinée.
Mon enfance me rappelle
Plein de beaux souvenirs de toi,
Comme être sur ma serviette
Et ne rien faire,
Faire du cerveau lent.
À Port Leucate,
Le soleil tape,
Réchauffe nos cœur. »

*

« Ma ville, tu es belle et fidèle,
Toi ma ville, mes cieux, mon tout et mon rien,
Je t’aime, toi et ta nature,
Toi Avranche, belle comme une rose blanche. »

*

« Voyage enchanté de Bormes-les-Mimosas.
Tu auras toujours une place dans mon cœur,
La place du figuier, fragment que je t’ai laissé,
Vestige de cette aventure, précieux sans fortune,
De la poussière de Lune.

Voyage enchanté de Bormes-les-Mimosas.
Voyage enchanté des plus beaux de mes mots.
Souviens-toi de moi, la mer veille sur toi. »

*
Je m’en suis allée à Barcelone
Ses habitants m’ont accueillie
Comme ses côtes accueillent les fragments de mer venus de loin

Je suis partie de Barcelone
Les nuages qui virevoltaient au-dessus de la ville ensorcelée
Ont arrêté de pleuvoir
Alors que mes yeux, eux
Venaient juste de commencer

*
« Ô Rio

La ville aux lumières pleurantes.
Tu vois l’histoire du haut des buildings high tech,
Tes monts te protègent de la verdure aztèque. »

[…]

La ville au Christ éblouissant.
La nuit, tu t’entoures de scintillants akènes,
Qui reflètent l’océan guidé par six rênes.

*

« Tu t’es vue dans le miroir de mes yeux,
Légère Reykjavík arrachée à la nuit.
Tu as offert au labyrinthe de ma mémoire
L’éternel souvenir de ton reflet sur mon cœur.

[…]

Je me suis vue dans le miroir de tes yeux,
L’espace d’un instant, l’espace d’une vie.
Sous les cascades d’azur, sous l’aurore infinie,
Bercée par les feux marins, je m’endors sous ta lune.

Je me suis vue dans le miroir de tes yeux.
Tes yeux sans flamme. »

*